jeudi, 29 juillet 2021
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Epandage

Les engrais de ferme sont sources d'éléments fertilisants. Mieux pris en compte dans la gestion de la fertilisation, ils peuvent permettre de réduire la facture d'engrais.

La maîtrise des apports passe par la mesure des teneurs et des quantités réellement épandues.

Leur valorisation implique aussi d'épandre dans de bonnes conditions.

Une richesse en éléments fertilisants

Les engrais de ferme recèlent de l'azote, du phosphore, du potassium mais aussi de la matière organique, du soufre, du calcium, du magnésium et des oligo-éléments.

L'azote : tout n'est pas utilisable la 1ère année 

Les engrais de ferme contiennent de l'azote :

  • Sous forme minérale, rapidement utilisable par les plantes.
  • Sous forme organique, dont une partie minéralise l'année de l'apport et une autre partie qui minéralise sur plusieurs mois.

Ainsi, un fumier de bovins épandu sur maïs au printemps libère environ 30 % de l'azote total qu'il contient. 

Phosphore et potasse : aussi efficaces qu'un engrais minéral

30 t/ha de fumier de bovins apportent en moyenne 90 kg P2O5/ha et 190 kg K2O/ha. Le phosphore d'un engrais de ferme est aussi efficace qu'un engrais minéral. 
De récentes études de l'INRA montrent que la disponibilité à long terme du phosphore est identique ou supérieure à celle des engrais solubles.
La potasse contenue dans les engrais de ferme est aussi soluble que dans un engrais minéral. Elle est donc totalement et entièrement disponible pour les plantes. 

Chaux

Les engrais de ferme contiennent de la chaux. Ils contribuent au maintien du pH s'il n'y a pas d'excès azoté.
Dans tous les cas, les engrais de ferme sont beaucoup moins acidifiants que les engrais minéraux. Quand 100 kg d'ammonitrate présentent un équivalent CaO négatif de 33,5 kg, 20 tonnes de fumier présentent un équivalent CaO neutre et 5 tonnes de fientes de volailles en présentent + 50 kg. 

Soufre : des apports fréquents d'engrais de ferme couvrent les besoins des cultures

Les teneurs en soufre des engrais de ferme varient en fonction des complémentations minérales. A titre indicatif, 30 t/ha de fumier de bovins libèrent 30 à 90 kg SO3.

Epandus à fréquence suffisante, les engrais de ferme couvrent généralement les besoins en soufre des cultures. Il faut cependant compléter les apports sur les cultures exigeantes, telles que le colza. 

Oligo-éléments

Des apports réguliers de lisiers, fumiers ou composts assurent une nutrition correcte en oligo-éléments des cultures et prairies.
 

Bien connaître la valeur de ses engrais de ferme

Analyser les engrais de ferme disponibles sur l'exploitation est un premier pas vers une meilleure gestion de la fertilisation.

Pour chaque type de production, les teneurs en éléments fertilisants varient fortement selon :

  • L'alimentation et son mode de distribution. Par exemple, pour les porcs, l'alimentation biphase réduit les rejets azotés et phosphorés de 10 à 30%.
  • La nature de la production (les animaux qui produisent du lait génèrent plus de déjections que ceux qui produisent de la viande) et au le niveau de production.
  • Le mode de logement des animaux (nature de la litière, nombre de raclage, etc.)
  • Le mode de stockage des engrais de ferme.

D'après 1540 analyses de fumier de bovins analysés dans le Calvados, la Manche et l’Orne les teneurs varient fortement d'un fumier à l'autre.

Ainsi la moitié des fumiers a une teneur :

  • En azote total comprise entre 4,4 et 5,9 unités par tonne brute,
  • En anhydride phosphorique entre 2,3 et 3,6 unités,
  • En potasse entre 4,7 et 8,5 unités.

Résultats d’analyse de 1540 fumiers de bovins du Calvados, de la Manche et de l’Orne

(sources LANO et Chambres d’agriculture)
 

Pour les lisiers, dans le cas de fosses non couvertes, les teneurs varient en fonction de la pluviométrie.

Il est judicieux d'analyser les lisiers à deux époques dans l'année, en relation avec les périodes d’épandage.
De même si le système a été modifié (bâtiment, stockage, alimentation), il est intéressant de remesurer les teneurs de l'engrais de ferme qui sera épandu.

L’analyse est obligatoire pour les épandages effectués sur des parcelles en zone vulnérable pour la directive nitrates ou en zone d’actions renforcée (liens vers rubrique directive nitrates), elle peut aussi être rendue obligatoire dans un arrêté d’enregistrement ou d’autorisation pour les élevages en installation classée.

Une analyse d'engrais de ferme vaut environ 50 euros. Ce coût est rentabilisé par l'optimisation des engrais apportés. Moins précis mais plus rapide, les outils Agrolisier ou Quantofix indiquent la teneur en azote ammoniacal des lisiers.

Bien évaluer les quantités apportées

Une fois les teneurs mesurées, il faut évaluer au plus juste les quantités réellement épandues sur les parcelles.

Cela pose surtout des difficultés pour le fumier ou le compost. Pour le lisier, on estime une tonne remplie à 90% de sa capacité.

Deux méthodes peuvent être utilisées :

  1. Peser son épandeur : La pesée est le moyen le plus précis pour évaluer les quantités épandues. 
  2. Estimer la densité du fumier ou du compost : Il est aussi possible d'estimer la densité du fumier pour recalculer la quantité. Par exemple, 30 épandeurs de 10 m3 chargés avec un fumier moyen de 750 kg/m3 représentent 185 tonnes de fumier. La densité peut être évaluée en divisant le poids d’un seau rempli à ras bord de fumier et le poids du même seau rempli d’eau.

Epandre au bon moment

Les conditions d'épandage déterminent la valorisation des engrais de ferme. L'objectif est de faire coïncider les périodes de minéralisation de l'engrais de ferme et l'absorption d’azote par la culture.

Par exemple, un lisier de porcs qui contient 60 % d'azote sous forme minérale, rapidement minéralisable est à épandre au plus près de la période d'absorption par les plantes. Ce sera donc au printemps sur prairies, fin février sur blé et au plus près du semis sur maïs, voire au stade 6-8 feuilles avec du matériel adapté. Le lisier, à forte teneur en azote ammoniacal, doit être enfoui au plus vite ou être épandu par pendillards pour limiter la volatilisation. La perte d'azote peut dépasser 40% pendant les 5 heures qui suivent l'épandage.

Pour les engrais de ferme comme le fumier ou le compost dont l'azote est majoritairement sous forme organique, l'apport doit être fait suffisamment tôt. Ainsi la minéralisation libère l'azote davantage au moment où la plante l'absorbe.
Par exemple, épandage de fumier de bovins en mars avant semis de maïs. En cas d’épandage entre culture dérobée et maïs, l'apport de fumier est trop tardif. Si possible, dans cette situation, privilégier les fumiers mous ou les lisiers, plus rapidement minéralisables.

Périodes d’épandage adaptées au maïs selon le type d’engrais de ferme

 pulverisation

 

Consultez ces quelques rappels pour bien traiter en fonction des différentes catégories de produits.

Il existe plusieurs catégories de produits phytosanitaires présentant différents modes d’action.

Les produits racinairesLes produits foliaires
Systémique
Exemple : Isoproturon
Mode d’action: Passe dans la solution du sol pour être absorbé par les racines
Contact
Exemple :  Pendiméthaline
(Prowl)
Mode d’action : Absorbée dans les 1er cm du sol.
Création d’un film agissant sur les adventices germants
Systémique
Exemple : Fops, triazole (Opus)
Mode d’action :
Pénétration du  produit dans les feuilles
Contact
Exemple : Bifenox
Mode d’action :
Une goutte = une brûlure

Certains produits combinent plusieurs modes d’actions.

Conseil pour les traitements racinaires

Isoproturon ou les désherbants prélevés du maïs

  • Appliquer le produit sur un sol frais.
  • Une teneur en argile > à 30% ou une teneur en MO > à 4 % neutralise les produits.
  • Le sol devra être nivelé sans présence de mottes pour une meilleure efficacité.

Conseil pour les traitements foliaires : traitements fongicides, ou les traitements post levée du maïs

Appliquer les produits dans de bonnes conditions d’hygrométrie (supérieures à 60%) et température adaptée (variable en fonction des produits entre 8°C et 20°C).
Pour ces produits, une pluie suivant le traitement lave le produit et le rend inefficace.
En cas de température trop élevée et d’hygrométrie faible, le produit ne pénètre pas dans la plante, son efficacité est réduite.
Traiter tôt le matin ou tard le soir, les conditions sont souvent optimales.

Bonnes conditions de traitement

  • Le vent ne doit pas excéder force 3 (19 km/h)
  • Respecter les Zones de Non Traitement (ZNT) par rapport à point d’eau de 5 à 100 m
  • Respecter les Délais Avant Récolte (DAR)
  • Respecter les Délais de Ré-Entrée (DRE)
  • Vérifier le bon fonctionnement de son pulvérisateur

Facteurs influençant l'efficacité des traitements phytosanitaires

Et surtout pour votre santé protégez vous lors de la manipulation des produits.

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