jeudi, 29 juillet 2021
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Pour réaliser une conduite intégrée et ainsi être économe en produits phyto, il est indispensable de suivre l’itinéraire technique du semis à la récolte.

Points importants à respecter

La variété

Il est indispensable de choisir une variété tolérante aux principales maladies : septoriose, rouilles (notamment la jaune qui peut être explosive dès le début montaison), fusariose, oïdium.

La variété devra être aussi tolérante à la verse et ne pas être pénalisante du point de vue protéine.

Un mélange de variétés (trois ou plus) peut être aussi retenu comme solution intéressante : si le développement d’une variété est limité par un facteur externe (ex. maladie) les autres peuvent compenser.

Ble rustique

Le semis

Si les terres ne sont pas trop difficiles à travailler on peut baisser la dose jusqu’à 60-70% de la dose traditionnellement conseillée pour réduire le risque maladies et verse. Il est important de ne pas semer trop tôt, en effet, les semis précoces augmentent les risques maladies et la pression des adventices et des pucerons d’automne. Semer vers le 15-20 novembre.

L’azote

Elle se raisonne par rapport au bilan azoté. En conduite rustique, l’objectif de rendement est inférieur de 8 qtx à votre conduite classique. Les apports d’azote seront donc réduits de 30 unités. Dans cette conduite, l’apport d’azote se fera en deux passages. Le premier passage au stade « épis 1cm » avec 2/3 de la dose, le second au stade "sortie dernière feuille".

Un semis plus tardif, une faible densité, une variété tolérante aux maladies et une plus faible quantité d’azote provoquent une baisse de rendement de 8 qtx mais des économies sont réalisées sur les fongicides (1 passage "dernière feuille étalée"), le régulateur et l’azote.

Comparaison conduite classique et conduite intégrée

Une marge brute souvent équivalente

En moyenne sur plusieurs années un semis tardif, une faible densité et une plus faible quantité d’azote provoquent une baisse de rendement de l’ordre de 8 quintaux. Cependant les économies qui sont réalisées sur semences, fongicides, régulateur et azote se chiffrent autour de 120€/ha et jusqu’à 170 €/ha si on intègre les charges de mécanisation liées à la réduction du nombre de passages.

Evidemment l’effet sur la marge brute varie d’une année sur l’autre en fonction de la nuisibilité des maladies, du prix des intrants et notamment celui du blé. Avec un prix du blé payé inférieur à 150-160€/t la stratégie économe en intrant obtient les meilleurs résultats.

Cette stratégie permet de sécuriser la marge en « réduisant la casse » les années de prix bas et en garantissant des marges tout à fait correctes (supérieures à 900 €/ha pour un rendement de 72 q/ha) les années à prix plus élevé ou des manques à gagner seront enregistrés.

 Conduite classiqueConduite intégrée
Objectif de rendement 80 qtx   72 qtx  
Semis 250 g/m² 120 €/ha 180 g/m² 86 €/ha
Désherbage 1 passage 50 €/ha 1 passage 50 €/ha
Azote 3 passages 126 €/ha (140 U à 0,9 €/U) 2 passages 99 €/ha (110 U à 0,9 €/U)
Fongicides 3 passages 100 €/ha 1 passage 50 €/ha
Régulateur 1 passage 5 €/ha 0 passage 0 €/ha
Total passages 8 passages

96 €/ha

(12 €/ha/passage)

4 passages

48 €/ha

(12 €/ha/passage)

Charges   497 €/ha   333 €/ha
Produits   1 200 €/ha (150€/T)   1 080 €/ha (150€/T)
Marges   703 €/ha   747 €/ha

Exemple à titre indicatif, à adapter à votre parcelle

Autres avantages de cette conduite

  • Baisse de l’exposition aux produits phytosanitaires (les fongicides blé sont quasiment tous classés Cancérigène/Mutagène/Reprotoxique) et leur impact sur l’environnement.
  • Baisse du nombre de passages de 8 à 4 : économie de temps, de fioul, d’usure de matériel.
  • Autonomie des intrants et moins de disponibilité en trésorerie nécessaire (charges en intrants de 285 €/ha au lieu de 400 €/ha).

Contraintes de cette conduite

Nécessite de la surveillance et de l’observation pour intervenir au bon moment.
Ce genre de conduite ne peut pas être appliqué de manière "opportuniste" suivant les cours du marché, mais nécessite de la cohérence lors de la mobilisation de plusieurs leviers agronomiques à mettre en place dès le début de la campagne, c'est-à-dire maintenant.


 

tracteur semis

Les céréales se prêtent bien aux Techniques Culturales Sans Labour, découvrez pourquoi et les différentes alternatives techniques pour le semis

Pourquoi implanter les céréales sans labour ?

Cette technique est intéressante pour la protection des sols.
Les céréales se développent lentement et couvrent peu le sol qui risque de se dégrader : formation d’une croûte de battance, apparition de ruissellements et d’érosion.
Avec les TCSL qui concentrent la matière organique en surface et favorisent l’activité biologique du sol, il est possible de limiter la déstructuration du sol.
De plus, les céréales n’ont pas besoin de beaucoup d’azote durant l’hiver.
Mieux vaut donc éviter de travailler le sol car cela déclenche la minéralisation donc la libération d’éléments nutritifs qui seront perdus par lessivage.

► Et surtout, c’est le plus facile pour commencer !

Les céréales s’enracinent assez facilement pendant l’hiver grâce à leurs racines fasciculées qui se faufilent partout. C’est donc une culture plus facile à réussir sans labour, contrairement au maïs qui est exigeant en terme de structure.

3 points clés de réussite

1- Prendre de l’avance

Il ne faut pas hésiter à prendre un peu d’avance au semis et à augmenter légèrement les doses de semis car le sol se réchauffe moins vite sans labour.

2- Observer votre sol

  • Ne pas labourer implique de ne pas abîmer la structure de votre sol puisque les vers de terre auront besoin de plusieurs années avant de rattraper les dégâts : récoltez votre maïs en conditions ressuyées !
     
  • Attention à l’état de surface (répartition des débris végétaux, nivellement, …) pour les semis directs ou simplifiés à faible profondeur.
     
  • Réaliser des petits profils à la bêche peut vous permettre de limiter la profondeur de travail et le nombre de passage au strict nécessaire. Par exemple, décompacter n’est pas toujours indispensable !

3- Faire évoluer votre système

  • La couverture des sols est primordiale.
     
  • La rotation doit être allongée pour faciliter la gestion des adventices et maladies.

De nombreuses alternatives techniques

Il existe toute une déclinaison de techniques qui vont du travail simplifié profond au semis direct pur. Il est possible de simplifier son travail en utilisant le matériel déjà présent (exploitation, CUMA…) comme des déchaumeurs, chisels, ameublisseurs, etc.

On trouve également des appareils combinant des équipements de déchaumeur avec un semoir intégré. Ces matériels sont généralement conçus pour les semis rapides soit en ligne, soit sous mulch ou encore « à la volée ». Surtout utilisés pour le semis des couverts, les plus performants peuvent convenir pour les implantations de céréales.

 

 

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